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2011-04-14 16:18:09 : Albums photos du marathon de Paris 2011

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Nous étions un certain nombre à ne pas courir le marathon de Paris, mais à prendre des photos.
Voici une liste non exhaustive des albums répertoriés.

Vous pouvez m'envoyer un mail à fpoirier@hotmail.com
afin de compléter la liste si vous identifiez d'autres albums.

Concernant mon album, il comprend de nombreux coureurs depuis les premiers jusqu'aux meneurs d'allure 3h30,
photos prises au virage du 35e km, porte d'Auteuil.

Album de Fred (798 photos), jusqu'au passage des 3h30 au 35e km, et quelques images des 4h30 et plus vers la Concorde :

https://picasaweb.google.com/athlepix/MarathonDeParis2011#

Albums de Serge 92 :

hhttps://picasaweb.google.com/caroline.mariotti/MDP2011

https://picasaweb.google.com/caroline.mariotti/MDP2011Part2#

https://picasaweb.google.com/caroline.mariotti/MDP2011Part3#

Album d'un autre Breton, Pilou 56 :

https://picasaweb.google.com/104275966420459119870/10Avr2011MDP#

Album de Run my geek :

http://www.flickr.com/photos/davidverriere/sets/72157626469872734/

Album de Jahom :

http://jahom.wordpress.com/

Album de Davy 75020 :

https://picasaweb.google.com/108830910880334516390/MarathonDeParis2011ByDavidIg?feat=directlink

Album de la Fille reporter :

http://lafillereporter.over-blog.com/article-009 marathon Paris 2011-NaN.html

Album de Franck :

http://franck1cancer0.tumblr.com/post/4552470932/photo-marathon-paris-2011

Vous y trouverez également une liste d'autres albums photos du marathon :

http://franck1cancer0.tumblr.com/post/4552470932/photo-marathon-paris-2011


Albums de Bernard :

http://www.imagebam.com/gallery/4vpbi40ftyns5803bo0zctq6v2fin84i/

http://www.imagebam.com/gallery/f2sneitas7jv6jwb2mg20hg2nu7ug8h3/

http://www.imagebam.com/gallery/hx27z66wkahdq5vvn5gibhb13tsow2to/

Album de Casquette rouge (au 15e km, avenue de Gravelle, bois de Vincennes) :

https://picasaweb.google.com/michel.richard3/MARATHONDEPARIS2011PASSAGEAVINCENNES#

Album de Gyro (coureurs en moins de 3 heures) :

https://picasaweb.google.com/cesajul/MDP2011?authkey=Gv1sRgCJnh5tGzu7TYGA


En attendant vos éventuelles contributions.

Fred





Les réactions

Par carapace, le 2011-04-15 11:48:12
Il y a du pain sur la planche.
Mais merci.

Par D'''''''N, le 2011-04-15 13:14:08
Toujours de beaux clichés. Bravo.

Par Franck1cancer0, le 2011-04-18 12:09:06
J'ai compilé plus de 50 sources sur mon blog perso si ça t'intéresse

http://franck1cancer0.tumblr.com/post/4552470932/photo-marathon-paris-2011

Par Montaigne ™, le 2011-04-22 08:17:12
Il y a parfois plus de foulées que de foule. Et j'ai cru voir quelques réceptions sur le talon.
Quant aux Vibram 5 doigts, où sont-elles ?

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)

























Les 5 billets précédents

2010-09-23 16:38:52 : Chaud et froid - 13 photos - 17 réactions

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Entre octobre 2009 et janvier 2010, j'ai participé à des tests menés par la mission recherche de l'Insep.

Il s'agissait d'évaluer les effets de différentes méthodes de récupération après effort et fatigue.
Tout au long du processus, les exercices physiques étaient les mêmes, course sur tapis, bardé d'électrodes, et exercices de force sur les jambes, seules les séances de récupération variaient.


Récupération en caisson infrarouge : 30 minutes à une température de + 45° C.
Récupération en chambre de cryothérapie corps entier : 3 minutes à - 110° C en short (c'est bien moins cent-dix degrés Celsius, pas d'erreur...).
Pas de récupération particulièree

Le préalable à cette participation, étalée sur plusieurs semaines, fut un test d'effort avec mesure de la VO2 max (consommation maximale d'oxygène) et électrocardiogramme d'effort.
Me voici donc le 16 octobre 2009 sur le tapis de course de la mission recherche de l'Insep.

Electrodes sur la poitrine, masque pour la mesure des échanges gazeux sur le visage, c'est parti pour le test.
Après un échauffement préalable d'une dizaine de minutes (j'étais déjà chaud grâce à mon trajet à vélo), le test est lancé.

Me voici à 12 km/h, 1 % de pente, cardio vers 135 pulsations par minute, et la vitesse augmentera d'un kilomètre par heure toutes les deux minutes. Malgré les trois ventilateurs en action, je suis rapidement en nage, ma serviette à portée de main s'avère fort utile, notamment pour éponger mon front et la sueur qui coule dans mes yeux.

Jusqu'à 15 km/h c'est relativement facile, ma fréquence cardiaque est à 175 puls/min. Après 10 minutes me voici donc à 16 km/h. Je sens soudain que le rythme a bien augmenté, la palier suivant de 17 km/h m'oblige à vraiment m'accrocher. Il y a du boulot. Mon cœur tape désormais à plus de 180 pulsations par minute. Nouveau palier à 18 km/h maintenant, j'approche ma vma (vitesse maxi aérobie) vraisemblablement, je commence à avoir du mal à respirer à cause du masque, je m'accroche, tenir deux minutes, en plus je suis totalement immobile malgré les efforts fournis, et c'est franchement monotone.

Cela fait 14 minutes que je cavale sur le tapis, et voici le palier 19 km/h. Cela devient extrêmement dur, on m'annonce 195 pour le cardio, ma foulée est dégradée et mon souffle bien court. Je marmonne « Stop » et fait comprendre que je ne n'en peux plus. Le tapis passe en roue libre, en 10 secondes me voici enfin à l'arrêt. Et je n'ai pas bougé d'un mètre ! J'ai tenu une minute à 19 km/h, mon cardio est monté à 199 pulsations minute, j'arrache le masque à la recherche d'air pour mes pauvres poumons. J'étais un peu à court de jambes cinq jours après les 20 km de Paris, ce type de test est vraiment intense, le masque sur le visage s'avérant gênant en toute fin d'exercice lorsque l'effort est vraiment maximal.
Ma vma est supérieure à 18 km/h c'est certain, vers 18,5 km/h ? J'aurai les résultats dans quelques jours, avec ma mesure de VO2 max, ainsi que mes différents seuils ventilatoires.

Je vais prendre une douche puis je pars visiter les installations de cryothérapie, je fais un petit test d'une minute à – 110° C , heu c'est comment dire... désagréable, je suis perplexe en songeant qu'il faudra y effectuer plusieurs séjours de trois minutes.
Je vais manger au restaurant de l'Insep, l'ambiance est disons... sportive.

Le médecin va examiner ma courbe cardiaque rapidement, lors du suivi en direct aucune anomalie flagrante n'est apparue, a priori je serai retenu pour suivre le protocole de tests.
Quelques jours plus tard j'ai le résultat de mon test : vma mesurée à 18,6 km/h, VO2 max de 67 ml/kg/min.

Allure marathon vers 15 km/h, allure semi vers 16,1 km/h. En principe, dans la pratique j'y suis presque, sauf pour ma vitesse 10 km que j'ai perdue... Passé 16,7 km/h ma fréquence cardiaque s'envole, je travaille trop peu ces vitesses à l'entraînement.

A l'issue du test me voici apte à suivre l'intégralité du protocole.

Il consiste à mesurer les effets de la fatigue et des trois différentes méthodes de récupération sur l'organisme, en effectuant des mesures sur la réaction neuromusculaire d'une jambe, et la force en flexion et en extension avant et après les exercices, ainsi qu'après les périodes de récupération.
Les exercices seront toujours les mêmes, on me demande pour le plus de rigueur possible de manger selon certains menus type, afin que les prélèvements sanguins effectués quotidiennement (avant puis après effort) soient le plus homogènes possibles.

Chaque session d'une semaine débute le lundi matin par un long test de course qui consiste à enchaîner différents situations, après 8 minutes d'échauffement :
- quatre minutes à 16 km/h (ma vitesse semi) sur du plat
- trois minutes à 12 km/h avec 12 % de pente positive (de la montée donc)
- trois minutes à 14 km/h avec 12 % de descente

Ces trois séries seront effectuées quatre fois en continu, sans temps d'arrêt autre que les quelques secondes ou le sens de rotation du tapis est inversé pour passer de la montée à la descente.
L'exercice dure au total 48 minutes. Cela peut sembler facile sur le papier, mais à l'issue du test, je suis bien entamé.
Puis j'effectue les tests de force sur ma jambe droite, toujours bardée des électrodes. Quatre flexions suivies de quatre extensions, où l'on mesure la force en Nm, je dois tenter de déplacer un bras de force contre lequel ma jambe est plaquée, et la machine enregistre la force déployée.

Les tests de course des jours suivants sont allégés, je me contenterai d'une vingtaine de minutes à différentes allures. Et le jeudi est particulièrement reposant car je ne cours que quelques minutes, d'ailleurs mes tests de force post efforts de ce jour là étaient bien meilleurs.
Après un questionnaire informatique sur mes sensations, physiques notamment, place à la récupération, selon une des trois méthodes citées plus haut.

Ma première batterie de tests fut suivie de la récupération infrarouge.

Allongé dans un caisson fermé, hormis ma tête, je restais ainsi allongé durant trente minutes, avec une chaleur rayonnante de 45° C. C'était très reposant, je me suis même assoupi à plusieurs reprises. En revanche, sur le plan de la récupération, je sentais bien que j'étais relativement endormi, sans beaucoup d'énergie musculaire.
Ce type de soin, généralement appelé « Innovo » (leader mondial de la fabrication des caissons), a été initialement utilisé en traitement d'appoint sur des greffes de peau, notamment chez des grands brûlés, des médecins ayant ensuite voulu tester les effets sur des tissus sains mais fragilisés par des efforts sportifs par exemple.

Ma seconde série de tests était consacrée à la méthode cryothérapie.

Après la même série d'exercices bien usants du lundi matin, me voici devant la chambre de cryothérapie. Je me déshabille, conservant simplement mon short et mes chaussettes. On me passe une paire de sandales de piscine, je porte des gants, un masque sur le nez et la bouche et un bandeau sur les oreilles. Après avoir traversé deux sas à – 12° C puis à – 65° C, me voici dans la pièce principale, refroidie vers – 110° C. Ces deux pièces « tampon » évitent que de la condensation ne se forme dans la chambre de cryothérapie, où l'air doit rester extrêmement sec. La pièce mesure environ 2,5 mètres de côté, il y a deux vitres, un faible éclairage, et un système d'interphonie permet de communiquer avec l'opérateur resté à l'extérieur.
Au bout d'une minute j'ai vraiment froid, je grelotte, je marche lentement en agitant mes bras. Le temps me semble bien long, la radio diffuse de la musique plutôt tropicale. Une minute trente secondes, cela me semble interminable, je dois rester trois minutes. Mes épaules semblent être prises dans un étau, je continue mes tours de la pièce. Deux minutes, je respire lentement et profondément. Les trente dernières secondes sont vraiment difficiles, cela dit je peux sortir à tout moment si je veux. « C'est bon tu peux arrêter ». Haaaaa merci, sauf qu'il me faut bien cinq secondes pour ouvrir la porte... Le second sas à – 12° C me semble bien tiède, par contre une fois revenu dans la salle je grelotte et ma peau hésite entre le bleu et le violet avec quelques nuances de rouge. Une fois rhabillé et après quelques minutes je me sens mieux, et dehors alors qu'il ne fait que + 5° C j'ai étrangement chaud.
Une demi-heure plus tard je quitte l'Insep à vélo et je me sens plutôt en forme.

Le lendemain je partage ma séance avec une sprinteuse bien connue, elle est littéralement frigorifiée avant même d'entrer dans la chambre de cryothérapie, elle a déjà effectué ce type de séance mais manifestement c'est très difficile pour elle. Je supporte les trois minutes bien mieux que la veille, et il en sera ainsi tout au long de la semaine, je prends même mon temps pour sortir.
Le jeudi, journée allégée au niveau des tests sportifs, je rentre à vélo par mon trajet habituel, et je traverse le bois de Vincennes à toute vitesse, me sentant vraiment très dynamique.

J'ignore ce que les prélèvements sanguins mettront en évidence, mais au niveau des sensations, si la séance elle même est peu agréable, les effets sur mon organisme sont incontestablement spectaculaires en matière de récupération. Bien que n'ayant pas couru (hormis ces tests usants) depuis plus de deux semaines, je participe à l'improviste aux 15 km de Conflans Ste-Honorine le samedi après-midi, bouclant en une heure les 15 km de ce tracé assez sélectif, avec de vilaines côtes et un fort vent de face.

Dernière série de tests début janvier, sans récupération particulière.

C'est à dire qu'il n'y a pas de récupération, une fois que mes exercices sont terminés je m'en vais. Ayant eu une grosse angine vers la fin de l'année, et n'ayant pas couru depuis un mois, je suis totalement à court de rythme, cela se voit d'ailleurs sur mon test de course du mercredi où ma foulée est moins fluide et mes appuis plus heurtés.

Nous étions une quinzaine de sportifs répartis en trois groupes à participer à cette étude. Les derniers terminent leurs tests vers le 20 mars 2010. Les prélèvements sanguins de chaque athlète (plus de 75 tubes pour chacun d'entre nous), classés par jour et par ordre de prélèvement vont désormais être analysés à l'hôpital Cochin, petit boulot pépère. Cela va prendre plusieurs mois pour obtenir les résultats complets, ensuite ils seront analysés par les chercheurs à l'Insep.

Selon les résultats qui seront obtenus, des méthodes de récupération applicables à l'élite en triathlon et en athlétisme notamment seront mises en place.
La cryothérapie semblerait avoir également des effets sur des dégénérescences neuromusculaires, il pourrait y avoir des applications purement médicales notamment dans le traitement de la sclérose en plaque.

Il existe également des applications dans le traitement de certaines tumeurs cancéreuses, où des aiguilles sont introduites jusque dans la zone à traiter, la tumeur étant ensuite cryogénisée par refroidissement intense extrêmement localisé.

De très nombreuses pistes à explorer dans différents domaines.

2010-05-06 17:53:54 : Show de vent. Mon dernier marathon. - 18 photos - 59 réactions

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Jeudi 9 avril 2009, fin de journée.

Je cours aux Buttes-Chaumont, les cuisses encore sensibles de mon marathon de Paris couru quelques jours plus tôt (2h50).
Finalement j'abrège ma séance, préférant le vert accueillant des pelouses, où je paresse, contemplant les tulipes.
Il y a des tulipes à Rotterdam ?

Samedi 10 avril 2010 à Rotterdam.

Ma préparation se passe bien, jusqu'à environ 20 jours avant le marathon, où mon jambier antérieur gauche se manifeste. Je réduis mon entraînement, je vais m'en remettre aux soins d'un kiné compétent. La douleur est globalement maîtrisée, ma très longue sortie de 2h35 à deux semaines de la course se passe à peu près bien, je pense que je pourrai courir. Mais je dois à nouveau alléger mon entraînement l'avant dernière semaine car mon soléaire gauche est douloureux, je ne cours qu'une seule sortie rythmée une semaine avant le marathon. Et repos total la dernière semaine.
Je sais dores et déjà que ce sera mission impossible pour passer sous 2h50 (mon record est à 2h50'18" à Paris en 2009), alors je partirai sur la base de 1h24'30" / 1h25' au semi, et ensuite j'aviserai.

Samedi en fin de journée, le ciel est bleu, le vent souffle modérément, conditions idéales pour courir un marathon.
Avec Martine, Caroline, Serge et Sedef nous partons courir une trentaine de minutes sur le début du parcours, passant le pont Erasmus. Je découvre qu'en fait le vent souffle vraiment fort, comme souvent à Rotterdam.
Mon mollet gauche est un peu sensible, mon jambier gauche lui semble totalement guéri.
Nous allons dîner ensemble dans un restaurant Italien, rempli de coureurs.

Dimanche 11 avril 2010 à Rotterdam.

Le départ est donné, le flot des coureurs s'écoule lentement, les tous premiers sont déjà lancés à 20 km/h, et derrière cela piétine. Le soleil brille généreusement, les conditions météo semblent idéales.
Les derniers coureurs ont passé la ligne de départ environ 23 minutes après le coup de feu, alors que les leaders ont déjà dépassé le 5e kilomètre, du côté de la place de la Bastille.
C'est assez amusant d'attendre le départ de son propre marathon en regardant à la télévision le marathon se déroulant dans la ville où l'on habite. Je reconnais quelques visages familiers, Vincent Rousseau avec les premières féminines, nos terrains d'entraînement du bois de Vincennes.
Christelle Daunay semble mener une course d'attente, je n'en verrai pas plus car l'heure de notre départ approche (11 heures).
Les coureurs en tête du marathon de Paris sont dans le bois de Boulogne. Il est temps de rejoindre notre ligne de départ.


Le champ du départ

J'accède sur le côté gauche de Coolsingel en passant par les escaliers du métro, mon sas de départ est derrière les élites, à gauche de la chaussée donc.
Un chanteur ringard juché sur une nacelle massacre quelques vieux tubes disco, un coup de canon nous libère, la zone de départ est étroite et je passe la ligne 14 secondes plus tard.
Il me faut 500 mètres environ pour être en action, je rate le repère du premier kilomètre, c'est déjà la rampe de montée du pont Erasmus, puis la descente sur la rive gauche de la Meuse. Un Français qui m'avait dit partir pour 2h50 est en réalité parti beaucoup plus vite, je le laisse aller à son rythme.
Christophe de l'ACBB me dépasse peu après le 2e km (8'05"), nous échangeons quelques mots, il vise 2h42'.
Nous voici sur une large avenue, vent plutôt de face, et il souffle méchamment ce matin.

Rien que de l'eau.

Passage au 5e km devant le stade du Feyenoord, 20 minutes de course. C'est fluide, pas vraiment de groupe, plutôt une file de coureurs.
Des supporters du club de football local, le Feyenoord Rotterdam donc, braillent en agitant des banderoles. Je lève le pouce en hurlant « Ajax ! Ajax ! » ce qui me vaut une bordée de sifflets.
Juste avant le ravitaillement du 6e km, j'ai la bonne idée de passer sur la pelouse du tramway, car depuis environ 200 mètres un coureur devant progresse bizarrement, allant de gauche à droite. Il finit par faire chuter un grand Belge qui s'effondre bruyamment, je me contente de trébucher sur la pelouse.

Les ravitaillements consistent en des gobelets en carton fermés par un couvercle en éponge partiellement percé, très pratique pour s'en mettre partout, mais on s'en fout on n'est pas sur un banquet. Il y a également une boisson sportive nommée Extran à laquelle je ne touche pas. Et rien d'autre, pas de sucre en morceaux.

Le secteur traversé est à l'image de l'ensemble du parcours, pas très sexy, mais je sais que ce parcours n'est pas touristique. Un peu plus loin c'est le passage en aller et retour sur Olympiaweg et l'occasion de voir une première fois les leaders déjà détachés. Petit signe de la main avec Christophe qui a déjà une minute d'avance, il est à peu près en 3'45'' au km (16 km/h) contre 15 km/h pour moi.

Après le demi-tour je croise Sedef et Laurent, partis pour 2h52 environ, puis Serge qui me semble bien rapide.
S'ils sont présents en groupes assez compacts, les spectateurs sont en revanche assez silencieux. A plusieurs reprises je leur fait signe de faire du bruit.
Dixième km passé en 40'09", j'ai entamé mon premier berlingot de compote, et le vent qui était de face est enfin favorable depuis le 8e km environ.

Au 13e km j'ai la bonne surprise d'apercevoir Malik « Gate 4 », qui, blessé, n'a pas pu participer mais est venu encourager. En revanche, alors que je vais boucler mon premier tiers de course, je me trouve bien isolé, aucun groupe au sein duquel s'abriter lorsque nous nous reprendrons le vent vers le 14e km. Passage en 56' pile, avec le 15e km en 1h00'04", je suis d'une régularité de métronome. Mais allegro ou vivace ? En tout cas le profil ultra plat permet d'avoir une allure extrêmement régulière. Du côté de mon jambier antérieur et de mon mollet, rien à signaler. Le strapping au dessus de ma cheville gauche, déjà testé à l'entraînement, semble efficace.

Sport d'équipe

J'ai rejoint un groupe dans lequel je reste sagement. Nous sommes dans le Zuiderpark, il y a des terrains de football, et toujours ces pistes cyclables qui longent les avenues ou les rues.
Après le 18e km nous retrouvons le vent de face, et cela va durer jusqu'au 27e kilomètre.
Le groupe est assez cosmopolite, au gré des inscriptions sur les maillots ou de quelques mots échangés je remarque un Danois, un Belge, des Hollandais évidemment, un Mexicain trapu, deux Hollandaises, un Irlandais, et des Français.
20e km, 1h20'20", allez encore un grosse heure et demi de course...

Le passage au semi se profile, j'y suis en 1h25 tout rond. C'est passé assez vite, mais je sais pertinemment qu'il n'en sera pas de même pour le second semi qui se profile.
Nous voici vers la large avenue qui nous ramène vers le pont Erasmus franchi à l'aller. J'entame ma seconde dose de compote, et je bois un peu d'eau au 25e km passé en 1h40'40".

Quand on arrive en ville.

Je passe la rampe du pont Erasmus sans encombre, encouragé par Malik sur le côté droit, puis ça descend, derrière le groupe s'est disloqué sous l'effet conjugué du vent je pense et de la légère montée du pont. Comme souvent vers le 25e / 26e km, les premiers défaillants apparaissent. Ici un gars qui s'étire, là un autre qui ralentit. Pas encore de marcheur cependant. Devant moi, une Hollandaise flanquée de son mari a accéléré, impossible de les suivre. Nous revoici en centre ville, nous allons tourner à gauche puis faire demi-tour et emprunter un passage souterrain pour ensuite filer vers le nord-est de la ville.

Second tiers de course avalé, 28 km, 1h53'. Il reste 14,2 km, je pense que je vais en finir en 2h52'30" / 2h53. Allez, moins de 2h53. Et là c'est franchement la grande solitude. C'est dans ce genre de situation que les longues sorties en solo, les entraînements dans le froid, la nuit, sur la neige, le verglas, etc, servent et aident à ne pas lâcher la rampe pour filer vers un peu plus de (ré)confort. Nous allons approcher les deux heures de course, bientôt le 30e km, et dans cette portion en aller et retour je devrais voir passer la tête de course. C'est chose faite alors qu'ils approchent du 40e km, deux coureurs détachés, je regarde le chrono (je suis un peu décalé en temps réel), c'est du moins de 2h05' à l'arrivée, le troisième n'est est loin, ni le quatrième, ensuite il y a un gouffre. Cela va encore donner un chrono très rapide, sans doute dans le top six mondial.

Promenons-nous dans le bois.

Je passe au 30e km en 2h01'25", j'ai légèrement ralenti désormais, nous quittons la ville pour nous retrouver assez isolés, entre marathoniens, à l'orée d'un bois. Des spectateurs ont installé des fauteuils, dressé des tables, amené à boire et à manger, pour eux mais également pour nous. Je vais terminer ma dernière dose de compote, il me faudrait de l'eau. « Wasser, wasser bitte ». Y' a qu'a demander, une main, se tend, « Danke », je passe le reste de la bouteille à mon voisin, un grand Luxembourgeois qui coince quelque peu.

Nous passons à deux reprises sous la rocade, j'ai un coup de moins bien juste avant le 35e km avant de me remotiver.
35 km donc, 2h22'22", ça va être juste pour 2h53', allez je tente de me relancer. Ce passage à l'orée de la forêt est tout de même monotone, et depuis 15 minutes mon mollet gauche s'est réveillé, je sens une douleur à chaque impact. Je me sens bien seul tout à coup. Les fins de marathon sont solitaires. Je relativise ce petit souci au 37e km, en apercevant Christophe en train de marcher devant moi. « Allez Christophe, on termine ensemble, allez ».

Solitaires mais solidaires.

Du coup je trouve les ressources pour relancer, je rejoins quelques coureurs qui m'avaient dépassé peu de temps auparavant. « J'ai des crampes depuis le 30e me dit-il, fait chier ». En tout cas pour un crampé il cavale bien car il me prend 10 mètres, 20 mètres, ha quel çalop !
Nous retrouvons la ville et sa portion du parcours en aller et retour. 2h40 de course, il y a beaucoup de coureurs dans l'autre sens (30e km), ils sont dans le rythme de 3h45 environ. Je me concentre sur ma course, j'ai vraiment mal aux deux mollets, j'espère ne pas me blesser.

Le 40e km est passé sans rugir en 2h44', je rejoins Christophe qui n'en peut plus. « Allez, allez », mais c'est trop dur pour lui. J'ai l'impression de trébucher sur les rails du tramway, pour la première fois de la course j'en ai marre, il est temps que cela se termine. Je vois un marquage au sol indiquant 1000 mètres.

Puis c'est le dernier virage, Malik est encore là, à gauche cette fois « Allez Fred ! », marquage au sol 500 mètres, et la longue ligne droite finale me saute au visage, en même temps que le vent que nous ne sentions plus trop, abrités par les immeubles. Je vais accélérer, mais pas tout de suite, c'est mort pour moins de 2h53, il y a des panneaux hectométriques de part et d'autre de la chaussée, j'attends les 300 mètres pour légèrement accélérer et finalement passer la ligne d'arrivée en 2h53'23".
La zone d'arrivée, est à l'image du parcours, ça ne donne pas envie de traîner. Couverture en plastique, médaille, une bouteille d'eau, je me surprend à trottiner pour sortir, contourner les barrières et revenir vers l'hôtel.

Epilogue

Le hall de l'hôtel est rempli de coureurs, accompagnateurs. Je suis vautré dans un fauteuil en buvant une bière en en mangeant (sans appétit) des frites.
Je suis partagé entre la satisfaction d'avoir couru ce marathon assez régulièrement, et la sensation d'en avoir un peu gardé sous le pied par peur de me blesser, car je suis étonnamment peu courbaturé à l'arrivée, rien à voir avec le marathon de Paris 2009 par exemple, où je marchais difficilement ensuite.
Finalement, trois minutes de différence, un final moins usant, et je termine dans un confort relatif à Rotterdam, alors que ce ne fut pas le cas à Paris l'année dernière.


Un petit mot sur le parcours. S'il n'a rien de folichon, il est extrêmement roulant et super bien tracé, avec un final totalement plat, je le classe d'ailleurs en premier devant La Rochelle (deux fois 2h51 et une fois 2h50) et Paris (pourtant mon meilleur chrono en 2009). Dommage qu'il ne se déroule pas en automne.
Il est à noter que sur les douze meilleurs temps réalisés sur marathon (entre 2h03'59'' et 2h05'13''), six l'ont été à Rotterdam, avec notamment en 2009 les deux premiers en 2h04'27'', soit la troisième performance mondiale sur la distance.
Il y a également une sacrée densité de femmes en moins de trois heures : 28 coureuses, soit plus qu'à Paris mais avec quatre fois moins d'inscrits. Je l'ai un peu constaté durant la course, ça ne rigolait pas, on sent que c'est le marathon à performance du pays, et même au delà, à l'aller samedi matin le Thalys était rempli de Français venus le disputer. Beaucoup de Belges également le couraient.


Photos en course prises par Bjorn Paree (sauf l'arrivée), que je remercie.





2009-12-24 14:34:17 : Lignes de vie - 2 photos - 9 réactions

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Au coup de feu du starter elle s’ébroua.

Le brouhaha de la foule glissait sur elle.
La ligne courbe était bien le plus court chemin vers la victoire.

Bruit de couloir, bruit qui court, rumeur du stade.
C’est le lot de l’athlète en piste.

2009-09-13 18:20:40 : Mercredi 9 septembre. Meeting Décanation au stade Charléty. - 48 photos - 8 réactions

Meeting Décanation, mercredi 9 septembre 2009, stade Charléty, Paris.

Sept pays : Allemagne, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Italie, Russie.

Dix épreuves : saut en longueur, perche, lancers poids et disque, 100 m, 100 m (F) et 110 m (H) haies, 400 m, 800 m, 1500 m, 3000 m steeple.

La suite en images, mon album complet est en ligne ici :

http://picasaweb.google.fr/magapixtures/MeetingDecanation#

2009-04-14 13:11:27 : Marathon de Paris. Dimanche 5 avril 2009 - 15 photos - 68 réactions

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En prenant le départ de mon trente troisième marathon ce dimanche 5 avril 2009, je n’avais qu’une seule certitude, ce ne serait pas facile.
Je tentais en effet à nouveau d’atteindre les 2h48 (ce qui correspond à une vitesse de 15 km/h), après plusieurs tentatives, notamment à La Rochelle en 2005 et en 2006, et déjà à Paris en 2008.


Ma préparation longue de huit semaines s’était très bien déroulée, j’avais couru le semi de Paris en 1h20’20" en terminant avec de bonnes sensations, j’étais prêt à ne rien lâcher sur les 42,195 km qui m’attendaient.


Nous bénéficions d’une météo très agréable au moment du départ, je me suis échauffé quelques minutes puis je suis entré dans le sas préférentiels vers 8h30. Cela se tasse sur la ligne de départ, le speaker demande de reculer, mais c’est une mission vouée à l’échec avec plus de 30000 personnes derrière, alors nous voici particulièrement serrés.
Le coup de feu retentit, je fais quelques foulées " en aveugle " puis je foule le tapis de départ et je déclenche mon chronomètre.
Ce premier kilomètre de mise en action est toujours surprenant. Devant nous la large chaussée est libre, et derrière une véritable marée humaine semble nous porter littéralement.

J’échange quelques mots avec des coureurs que je connais, surveillant le passage sur la première ligne verte. La voici, premier kilomètre en 3'57", malgré la sensation de me retenir je suis déjà sur la vitesse moyenne prévue. Passage à gauche de la Concorde cette année, ils en ont mis du temps chez ASO à supprimer le giratoire autour de l’Obélisque.
Second kilomètre couru en 4'05", je peux m’installer dans ma course désormais après huit minutes de course.
Nous partons à trois avec Jean-Charles, vétéran 2 de choc et habitué de la distance, et Jacques, néo marathonien, mutualisant notre course en ce début de marathon.

C’est déjà la place de la Bastille, je salue Ouille qui attend sur le côté, et je ralentis pour prendre une bouteille, le soleil brillant généreusement j’ai le sentiment que la température pourrait être bien tiède.
Le 5e km est franchi en 19'42", jusqu’ici tout va bien.
Quelques échanges avec Jean-Charles, sur les sensations, puis gestion de la petite montée du 8e km où j’ai ralenti l’allure.

La place de la Nation est déjà passée, le 10e km approche, bientôt le bois de Vincennes, les sensations sont excellentes, le contraire serait inquiétant alors que nous n’en sommes qu’à peine au quart de la course.
Virage de la Porte Dorée et arche du 10e km en 39'30", j’arrive sur mon terrain d’entraînement du bois de Vincennes. Je suis essentiellement concentré sur ma course et pas très attentif à l’environnement, cela dit tout m’est familier ici, depuis des années que j’y cours.


Nous atteignons une portion du bois un peu isolée, le ruban de coureurs s’étire, c’est relativement fluide dans notre rythme de 2h48 , mais suffisamment dense pour ne jamais être isolés.
Le premier tiers de course est atteint en 55'15", j’envisageais d’y être vers 55’30", disons que je suis au plus rapide de mes prévisions, il ne faut surtout pas aller plus vite.
L'arche du 15e km est passée en 59’15", je bois à nouveau, quelques gorgées, et je vide ma première dose de compote. Le berlingot est bien calé dans mon poignet en éponge, j’en ai un second au bras droit.
Depuis le 13e km Jean-Charles n’est plus dans ma foulée, mais chacun ayant prévu de suivre son propre tempo, je ne m’inquiète pas.
Nouvelle petite régulation d'allure après le 16e km dans la montée de l’hippodrome, au virage qui a précédé je me suis retourné, Jean-Charles est manifestement plus loin, j’espère que ça va pour lui.

Plateau de Gravelle, 17e km, nous atteignons le point culminant de ce marathon et également la partie la plus éloignée de l’arrivée, retour vers Paris désormais, avec une belle descente qui permet de se relâcher quelques instants.
Je confirme à Jacques que je suis à la limite haute de mon allure, il faut rester patient, la course est encore longue. Il fait vraiment tiède au soleil, j’espère que ça ne va pas trop chauffer tout de même. Un peu plus loin, sur l'avenue de Gravelle, j'entends un spectateur dire " Ha on commence à en voir dans nos âges ".

Nouveau ravitaillement au 20e km, même gestes précis : faire signe à quelqu'un qui tient la bouteille que je l'ai repéré, il tend son bras, attraper la bouteille, remercier, prendre un peu de sucre. Tout en ayant un regard périphérique pour éviter toute bousculade, il y a toujours un fou furieux qui fonce comme si sa vie en dépendait. Une fois la zone des tables passée, déboucher la bouteille, la vider légèrement, deux gorgées partiellement avalées, avaler du sucre, deux ou trois gorgées supplémenatires, et accompagner d'un geste précis la bouteille qui roule lentement vers le caniveau. Et quelques engueulades envers ceux qui s'obstinent à poser la bouteille pile au milieu de la chaussée.

Il y a foule désormais à l’approche du semi, dont l’arche surplombe la rue de Charenton.
Première indication précise grâce au temps intermédiaire, en 1h23’29" j’ai toujours cette petite marge volontairement choisie. Concernant les sensations, tout va bien, il va désormais falloir enchaîner un second semi-marathon à la même allure, mais sur un tracé moins roulant.

L’enchaînement petite descente – petite montée de la rue de Charenton est vite avalé, l’avenue Daumesnil également et c’est le second passage à la Bastille, où j’aperçois successivement Jgab puis Duduche.


Nouveau ravitaillement à la volée sur le boulevard Henri IV, eau et sucre, en faisant attention aux divers rebuts jonchant le bitume et toujours attentif à éviter les bousculades.
Après avoir viré sur le quai des Célestins, nous descendons sur la voie Georges Pompidou pour courir au ras de la Seine. J’aime beaucoup cette portion du parcours. Le beau temps aidant, il y a foule sur les quais, les prénoms imprimés sur les dossards permettant des encouragements personnalisés.
Peu après le 26e km je récupère auprès de mon fils un nouveau berlingot de compote, je le vide partiellement, il m’en reste un complet pour le derniers tiers de la course, c’est largement suffisant.

C’est l’entrée dans le très long (800 m) souterrain des Tuileries, il fait sombre et plutôt chaud, le silence est total, seulement troublé par le martèlement des foulées.
La sortie se fait sous les applaudissements, le soleil est étincelant, plus loin Baltha m’encourage, voici le toboggan sous la Concorde puis le long tunnel du Cours la Reine. Dernier passage sous terrain à l’Alma, ce secteur un peu ingrat a été bien négocié, le second tiers de course (28e km) est passé en 1h51’10", l’allure est toujours régulière vers 3'59" au km.


L'arche du 30e km est passée 1h59’24", toujours cette petite marge sur le rythme de 2h48.
Il ne reste plus que 12,2 km. C’est bien peu comme distance, vu comme ça. Mais ce n’est pas comme courir les 12 premiers kilomètres, ni même les 12 km suivant le passage du semi. Il va falloir ne rien lâcher.
Nous apercevons les premiers défaillants : course plus lente, foulée rasante, marcheurs, pas de doute, il se passe quelque chose vers le 31e km.
Niveau ambiance il ne se passe plus grand chose du côté de Molitor, au 34e km je ressens les signes annonciateurs de ce qui va m’attendre du côté des lacs, dans le final usant.

Ravitaillement du 35e km (2h19'52"), je glisse légèrement sur la chaussée humide, je m’arrête et je me baisse pour ramasser ma bouteille que j'ai maladroitement laissé tomber. Haaaaa, je le sens, mes quadris vont bientôt se manifester. Je continue après avoir ralenti une cinquantaine de mètres, il va falloir que je me fasse mal pour continuer à la même allure. Mais le marathon c’est une course, une compétition, avoir une fin de course difficile n’est pas anormal, même si ce n’est pas une fatalité.

Montée de l’hippodrome assez facilement passée, encouragé par Brinouille et Sophie qui sont bruyantes et voyantes, merci pour le soutien ! Puis c’est l’entrée dans le bois de Boulogne et mes quadris qui semblent grossir, grossir, grossir.
C’est véritablement à partir du 38e km que la douleur devient très forte, je suis obligé de raccourcir ma foulée. Cela ne va guère mieux pour Jacques qui a insensiblement perdu du terrain, désormais je vais tout tenter pour maintenir la vitesse la plus élevée possible.

Malheureusement dans ce final usant que je n’aime décidément pas vraiment, nous sommes bien isolés et je ne trouve personne dans mon allure. Je ne me souviens plus comment je me retrouve avec une bouteille en train d’asperger mes cuisses, je me houspille pour avancer alors que nous allons repasser de l’autre côté du carrefour des lacs. Je file la bouteille à mon voisin, il n'en peut plus et gémit régulièrement. Vers le 39e km Stefun m’encourage, je découvre sur ses photos que vu de l’extérieur je suis à peu près présentable.

J’effectue quelques relances qui s’avèrent de plus en plus douloureuses pour mes quadriceps. Si c’est désormais cuit pour 2h48, peut-être est-il possible de passer sous 2h50, alors je m’arrache du côté du rond-point de la porte Dauphine avant de tout lâcher dans les 200 derniers mètres sur cette avenue très large.

Voilà, c'est fini...
Je passe la ligne en 2h50’20", réalisant mon meilleur chrono à Paris et améliorant mon record marathon de quelques secondes par rapport à La Rochelle en 2005.
Jacques termine en 2h51, content de ce premier marathon même si la fin fut également difficile.

Une fois mon sac récupéré, je téléphone à Duduche qui court une partie de la course avec Martine. Je suis sensé remonter un peu la course pour les retrouver vers le 39e km, ou même avant, mais je sens que cela ne va pas être facile avec mes quadris tout crispés.
" Rendez-vous au café me dit Duduche, Martine s'est arrêtée au 25e km ".
L'idée d'aller directement au café me convient parfaitement, bizarrement le chemin me semble à peu près deux fois plus long que ce matin...

Pour les 2h48 il faudra recommencer, mais définitivement pas à Paris, sur un circuit qui ne me convient pas pour un record je pense. Le parcours est globalement roulant certes, mais après un premier semi extrêmement rapide, plus que le semi-marathon de Paris, il y a cette portion usante entre le 27e et 30e km, le faux-plat de Molitor au 33e km et la montée du 36e km, ajoutée à ces larges allées toutes en courbes du côté des lacs.
Quel rouage a coincé ? Pourquoi la mécanique s'est-elle soudain grippé ?

Suis-je définitivement condamné à connaître des fins de marathon difficile sitôt que je cours en haute performance ?
Le negative split est-il possible lorsqu'on tente de battre son record ?
Alors, Rotterdam dans un an ?

Jeudi 9 avril, fin de journée.
Je cours aux Buttes-Chaumont, les cuisses encore sensibles de ce marathon record.
Finalement j'abrège ma séance, préférant le vert accueillant des pelouses, où je paresse, contemplant les tulipes.
Il y a des tulipes à Rotterdam ?

Merci à Krusti et à Stefun pour les images.

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